Quelle légitimité ?
A Antony, le MoDem a subi depuis quelque temps des turbulences et certains citoyens s’interrogent sur la place du Mouvement par rapport au groupe d’opposition municipale « Antony + », et, notamment sur certains votes de notre élue.
Dans un mouvement récent comme le MoDem, il est inévitable que les adhérents, d’origines politiques très diverses, aient du mal à se mettre d’accord sur des actions à mener au niveau local. Il faut bien reconnaître que le silence des instances nationales (en cours de constitution à l’époque, il est vrai) et une organisation à la fois insuffisante et excessivement formelle au niveau local entre juin et novembre 2007 n’a pas facilité la “prise de cette mayonnaise”. Par ailleurs, l’essentiel du programme 2007 de F. Bayrou était, logiquement, national et européen.
Ce constat établi, se pose la question de la manière de déterminer les positions du MoDem à Antony sur des sujets locaux quasi-quotidiens (commissions municipales, conseils municipaux, tracts hebdomadaires du Marché). L’idée initialement mise en œuvre a été celle d’une « démocratie directe ». Bien qu’intéressante en théorie, elle a cependant fait la preuve de son inefficacité : en pratique, après quelques mois, elle a conduit à l’immobilisme (la multiplication des votes sur chaque sujet aboutissant à des positions très ciblées, mais sans cohérence et sans cesse remises en cause par d’autres votes), et à des défections successives.
Après les élections, a émergé la question de la légitimité des décisions d’action (notamment électorale, mais pas seulement) à conduire. Qui était supposé la posséder, voire la conférer ? Bien des idées ont été lancées, ce qui tend à prouver qu’aucune n’était évidente :
- l’assemblée générale des adhérents du MoDem domiciliés à Antony (mais qui participent peu ou pas aux actions politiques) : légitimité de la cotisation
- l’assemblée générale des militants du MoDem sur Antony : légitimité de l’action politique
- l’association « MoDem local Antony » : légitimité de la structure et de la pluralité, mais pas de l’assise
- la conseillère municipale sortante : légitimité de l’élection mais sur un programme RPR-UMP, légitimité d’une désignation comme « chef de file » par les instances nationales du MoDem
- les élus de l’Union centriste du 92 : légitimité de l’élection aussi, mais entachée de votes répétés au Sénat en contradiction avec les positions de F. Bayrou à l’Assemblée nationale
- les militants historiques du soutien à François Bayrou sur Antony : légitimité de la fidélité, mais délicate à prouver sauf pour le tout petit nombre d’intéressés
- les candidats MoDem aux élections municipales : légitimité de l’action avant l’élection, légitimité du score après
- les candidats (titulaire et suppléant) aux législatives 2007 : légitimité du score sur Antony
- notre conseillère municipale MoDem actuelle : légitimité de l’élection - mais est-elle acquise per se ou par la légitimité du score de la liste entière ?
- les élus antoniens du Conseil national du MoDem : légitimité de l’élection, mais existent-ils ?
- une section locale MoDem : légitimité de l’élection selon le cadre statutaire du Mouvement, mais à attendre encore au moins quatre mois…
Cette situation aurait pu amener au chaos et à l’éclatement du Mouvement. Fort heureusement, le miracle de l’intelligence collective opéra. Le 7 juin, lors d’une réunion convoquée par notre élue Caroline Pégang, l’immense majorité des adhérents MoDem présents, dont Colette Gissinger, a délégué à l’Association MoDem local 92 Antony la conduite de la communication et de l’organisation du MoDem à Antony.
Cette délégation est provisoire, elle ne vaut que jusqu’à la création d’une section locale statutaire. L’Association n’a donc d’autre légitimité que celle de la nécessaire continuité de l’action, mais elle la tient à la fois d’un vote des militants et d’un consensus des « responsables ». En tant que militant bayrouiste historique, je m’en réjouis ; en tant que Président de cette Association, je mesure l’ampleur et la difficulté de la tâche. Je sais aussi que rien ne sera possible sans l’investissement de chacun dans l’œuvre commune.
Bruno EDOUARD

