Si janvier est la période traditionnelle des vœux, des promesses et des résolutions pour que demain soit meilleur qu’hier – et qui, au fond, ne souhaite pas vivre dans un monde plus prospère, plus solidaire et plus humaniste – il devient difficile de croire à la paix et à la sagesse des hommes quand tant de misère, tant de conflits, se déroulent aux quatre coins de notre planète ?
De plus, si l’on en croit les études de conjoncture faites par des spécialistes tels que les analystes de l’OCDE, 2009 pourra bien se révéler pire que 2008.
Comme des millions de Français, j’ai écouté le 31 décembre les vœux du Président de la République qui a parlé de responsabilité… je l’assumerai, des indispensables réformes : hôpital, formation, organisation territoriale, recherche, lycée (celle qui a été ajournée à cause de la grogne lycéenne), et enfin procédure pénale. Il a rappelé la nécessité de travailler plus – non pour gagner plus – mais jusqu’à 70 ans, si nous voulons atteindre l’équilibre (vœu pieu ?) des régimes de retraite.
Certes, le Chef de l’État est un homme courageux, fidèle à ses convictions et à sa vision du monde. Mais le courage n’exclue et n’excuse pas le paradoxe :
- travailler plus pour gagner plus ; pourquoi pas ? mais comment expliquer que c’est possible à plusieurs centaines de milliers de chômeurs nouveaux,
- réformer le droit pénal ; ce n’est pas Vittorio de Fillipis, journaliste arrêté au petit matin et traité comme un dangereux criminel devant ses enfants qui s’en plaindra,
- moraliser le capitalisme ; nous sommes loin de l’argent décomplexé, alors qu’il s’agit de prendre aux petits épargnants les ressources pour financer le RSA pendant que les plus riches en sont dispensés et que Monsieur Tapie, pour ne prendre qu’un exemple qui fait mal, se voit allouer quelques centaines de millions d’euros pour dommages et préjudices subis.
- j’ai dit la vérité et j’ai agi ; alors qu’il s’apprête à couper la publicité sur les chaines de télévision publiques et à nommer personnellement le P.D.G. de France télévisions. L’information en sera-t-elle meilleure, plus neutre, plus juste ?
la recherche ; pour laquelle le milliard d’euros prévu cette année a servi à recapitaliser Dexia. - un plan de relance massif de l’investissement de 26 milliards d’€ qui a été décidé ; par qui Monsieur le Président ? Avez-vous dit la vérité et avoué que notre pays s’engage inexorablement vers l’insolvabilité, que la dette extérieure des Français a augmenté de 50 milliards en 2008, augmentera de 70 milliards en 2009 et probablement autant en 2010 ?
Ce que beaucoup auraient aimé entendre – on peut rêver – c’est un discours modeste :
- je l’avoue, je n’ai pas voulu croire que la crise serait aussi grave,
- vous m’avez élu sur les bases d’un programme et de 490 promesses, dont beaucoup ne sont même pas réalisables,
- face à cette situation nouvelle, je m’engage sur les grands sujets de société à vous consulter au préalable,
Or, de cela il n’a été à aucun moment question dans votre allocution, pas un mot non plus sur le pouvoir d’achat des plus démunis, bien au contraire : obsession des résultats…, s’il faut faire davantage, nous le ferons… en gardant notre sang-froid… nous ont été assénés avec autant de conviction par le même qui affirmait en 2007, il y a 18 mois, inscrire « une règle d’or » dans la Constitution ou sous forme de loi organique qui interdirait tout déficit budgétaire hors dépenses d’investissement ou entamer dès juin 2007 la réforme du crédit hypothécaire ou encore atteindre le plein emploi d’ici 5 ans : un chômage à 5% et un emploi stable et à temps complet pour tous.
I have a dream, disait le docteur Martin Luther King qui regarde aujourd’hui avec fierté l’élection de monsieur OBAMA. Moi aussi, je fais un rêve, celui-là en forme de vœu pour 2009 : face à tant d’imprévision voire d’arrogance :
- je demande que le citoyen soit consulté chaque année sur l’action de ses gouvernants,
- je demande que l’élu(e) dont le nombre de mandat serait limité soit jugé(e) sur un bilan de son travail avant d’en briguer un nouveau,
- je demande que le(s) candidat(es) soi(en)t désormais choisi(es) par les adhérents de leur parti.
- je demande enfin – alors que l’on réclame tant de sacrifices aux Français – que l’éthique soit au cœur de l’action politique.
Charité bien ordonnée commence par soi-même, la cohérence c’est pareil. Si je n’ai aucunement la prétention d’avoir autant d’importance que notre Chef de l’État, j’aimerais seulement lui dire que parfois l’exemple vient du bas. À ce titre, je me félicite, comme de nombreux élus de notre jeune parti, d’avoir privilégié mes convictions personnelles à un mandat probable et je suis certaine que mes successeurs, récemment élus à la Présidence de la section MoDem d’Antony …seront toujours guidés par leurs convictions et n’hésiteront pas à sanctionner toute initiative qui contredirait cette exigence.
Bonne route à chacun, dans sa vie privée et dans ses convictions publiques.
Vive le MoDem et vivement demain.