Mercredi 10 juin Bernard LEHIDEUX, Président du Groupe Démocrate et centriste au Conseil régional d’Ile de France et candidat aux élections européennes, s’est adressé aux membres du Conseil départemental du MoDem des Hauts de Seine en ces termes :
« Remerciements très sincères à tout le monde. A aucun moment je n’ai douté et ne doute, aujourd’hui, de la valeur et de la pertinence de notre message. Évidemment dans cette campagne nous avons fait des erreurs. Des choses nous ont échappées, d’autres dépendent de nous. Dans toute campagne électorale, il y a plusieurs facteurs :
- C’est comme une fusée spatiale : Il ne faut pas seulement le bon lanceur il faut arriver au bon moment.
- On ne sait pas à l’avance quand et sur quoi l’opinion va se cristalliser.
- Construire son message à l’avance dans ces conditions n’est pas facile.
- Les problématiques locales particulières doivent être prises en compte.
La vérité, pour moi, c’est que l’opinion, en France s’est cristallisée le vendredi et le samedi.
Je voudrais vous mettre en garde contre les réactions de base, les « brèves de comptoir » et la rumeur publique. Il nous faut garder la capacité d’analyser et ne pas se laisser trop influencer par les campagnes en forme de commentaires lancées par nos concurrents. Voici la mienne concernant les différents sujets évoqués lors de cette campagne :
- On s’est trompé de campagne en faisant trop de politique intérieure : Le livre « Abus de pouvoir » a eu un impact positif mais nous n’avons pas su faire le lien entre son contenu et le message européen.
- Notre ADN : Nous avons commis l’erreur de croire que ce qui est une évidence pour nous, à savoir que notre famille est « génétiquement » européenne, l’est aussi pour les électeurs.
- Notre soit-disant absence de programme : Nous avons subi cette critique venant de partout. Nous avions un programme clair et travaillé mais les électeurs n’ont pas voté pour un programme. Le cas d’Europe Écologie est flagrant sur ce point.
- Le débat télévisé : Je ne crois pas que cette altercation soit responsable de notre échec. Cette émission a été ressentie comme un « gigantesque bordel ». Le lendemain, l’opinion s’est trouvée disponible pour le grand moment d’émotion du film « Home. C’est comme un précipité : une goutte suffit pour tout cristalliser. Ce fut le cas autour de la préoccupation du moment : l’écologie.
Dans toute campagne ceux qui la mènent ont une part de responsabilité. Il n’y a pas dans ce scrutin l’indication d’un vote politique mais il ne faut pas laisser vide cet espace.
L’un des reproches que l’on nous fait est d’avoir un leader : mais regardez ce qui se passe quand il n’y en a pas !
La suite est de construction politique. Certes, notre mouvement est nouveau mais cela n’empêche pas d’avoir un regard sur le passé qui montre qu’un échec n’est pas définitif (les socialistes, Sarkozy en 99…). Je dirais pour conclure :
- Lucidité et réalisme.
- Calme : on n’est pas obligé de se faire du mal à soi-même.
- Le vrai combat est dans l’action. Il faut plus que jamais ouvrir et rassembler. Il faut réfléchir à ce que nous allons faire.
- Même dans ces moments difficiles, nous nous avons des troupes sur le terrain alors que l’UMP qui « bouffe » ses enfants (Nouveau centre, Gauche moderne, Radicaux etc…) n’a pas gagné d’électeurs et n’a aucune réserve sous le pied.
- On a besoin de tout le monde : ceux qui sont ici présents et ceux qui pourraient venir demain ».