Non, rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de déserter. J’aimerais seulement vous dire ce que ressent un militant de base qui voulait intituler cet article : « couac et coin- coin… »
Corinne LEPAGE, Vice-présidente du MoDem, déclarait le 8 juin sur France Info : « Le Modem, ce n’est pas que BAYROU. Et si le MoDem c’est seulement BAYROU alors le MoDem est condamné ». À la suite d’un Bureau exécutif qui s’est tenu deux jours plus tard, elle adoucissait le propos sur un « chat » du journal le Monde : Trois jours après les élections quel est le sentiment général qui règne au MoDem ? Réponse : « Nous sommes déçus…. François BAYROU a été courageux dans la mesure où il a reconnu ses responsabilités. Il n’y a rien à lui reprocher sur ce plan-là. Nous avons décidé de revenir vers nos militants, à ma demande… de réfléchir sur le projet. À cette fin, la décision prise hier soir de mettre en place une coopération renforcée avec le groupe des Verts au Parlement européen m’apparaît de très bon augure ».
Jean-Luc BENNAHMIAS, Vice-président du MoDem, Invité de Parlons Net, le 13 juin, ne regrette pas son choix, même au lendemain d’élections européennes décevantes pour son parti. Sur l’organisation interne au MoDem, il se dit en désaccord avec Corinne LEPAGE : « je ne polémique pas avec Corinne LEPAGE et je n’aime pas le terme collégialité ». À un moment, il dit : « je ne considère pas les gens du Nouveau centre comme des ennemis » Il ajoute : « nous avons un responsable national reconnu comme tel capable de gagner l’élection présidentielle et ça, ça m’intéresse».
Puis, Jean- François KAHN, Vice-président du MoDem, dans le journal Marianne n° 634 signe un article intitulé Comment on archi-perd une élection archi-gagnable : « Que s’est-il passé ? Une erreur stratégique si exemplaire (ou contre- exemplaire) qu’elle mérite d’être conservée dans le formol, un auto –emballement qui l’a exacerbée jusqu’à la caricature pour déboucher sur la catastrophe homérique de l’empoignade BAYROU/COHN–BENDIT grotesque… L’erreur, s’être servi de cette campagne pour lancer … à contretemps et hors sujet, une campagne présidentielle… ». Et d’ajouter plus loin : « lancer d’emblée à la figure de l’icône ses rencontres avec Nicolas SARKOZY (ce n’est quand même pas un crime) était, en revanche, inaudible » Et pour terminer : « à une opinion publique en recherche de rébellion, un nom est apparu plus adapté au rôle que l’homme politique François BAYROU »
« Toute vie humaine porte en elle quelque chose de grand » disiez-vous dans les pages de Voici le 6 juin. Quel dommage de ne pas y avoir pensé le soir du débat !
Puis, vous, Monsieur le Président, sur le site du Mouvement Démocrate national, une vidéo dont je cite quelques extraits : « C’est un gadin électoral, mais ce n’est pas la mort du petit cheval non plus » et des propos étranges pour mes oreilles naïves : « d’abord on a des élus …. ça fait une équipe capable de désormais porter la parole » J’ai d’abord cru que j’avais mal entendu et après avoir réécouté, j’ai pensé à toutes celles et ceux qui avaient fait le choix courageux de vous suivre en 2007 dont une seule est réélue et une autre ne doit sa place qu’à une promesse tenue ! Pas un seul mot de considération pour les candidats qui auraient pu être élus sans cette fin de campagne calamiteuse.
La raison essentielle de ce résultat : « Le succès inattendu du livre a écrasé la communication de campagne », sic !
La fin est stupéfiante : « la règle pour les Régionales, c’est autonomie dans toutes les régions », ça partait bien, OUI mais… « Pas question de jouer en ordre dispersé… NIET » dites-vous en pointant le doigt vers les spectateurs. Et ces spectateurs, c’est NOUS !
J’entends déjà les reproches de ceux qui me diront qu’on ne tire pas sur une ambulance, mais comme l’a dit très justement Colette GISSINGER lors d’un récent Conseil départemental « Réagissons avant que cette ambulance ne devienne un corbillard » !
Je repense également à cette sublime phrase que vous avez prononcée en février 2002 : « Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons plus rien ».
Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur le Président, ces mots ont-ils encore du sens en 2009, pour vous, comme pour nous ?
