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Petit zapping sur l’actualité

L'affaire FarewellCela fait longtemps que nous ne nous sommes pas promenés sur la toile et avons pioché au gré de notre humeur du moment quelques articles sans qu’il y ait de relation entre eux. Encore que….

Le premier qui nous a attiré est titré : La France saisie d’une « frénésie sécuritaire » ? D’après l’étude réalisée par un sociologue chercheur au CNRS, Laurent MUCCHIELLI, depuis le début des années 2000, une « frénésie sécuritaire » a fait son apparition avec son corollaire : le recul des libertés. Qui dit peur dit abandon de son autonomie au profit de  celui chargé de veiller sur vous, en l’occurrence l’État. Pour l’auteur de cette étude la faiblesse du discours politique de l’opposition à laquelle s’ajoute une presse de plus en plus formatée pour ne pas dire dépendante du pouvoir (n’oublions pas les 600 millions d’aide sur trois ans annoncés en janvier dernier) sont pour beaucoup dans cette tendance.

N’oublions non plus  pas la « mobilisation totale pour la sécurité des Français » demandée récemment par le Chef de l’État auquel se fait écho la publication d’une étude sur la performance policière réalisée par l’OND et révélée par Le Figaro du 12 mai 2009 qui  est venue relancer le débat au sujet des statistiques. Elle révèle que près de 1,2 million de personnes ont été mises en cause pour crimes et délits en 2008 et que ce nombre s’est accru de plus de 22% depuis 2003.

Enfin, le chercheur  note  qu’une progression de « l’idéologie de la tolérance zéro »,  fait qu’on va à chaque fois « un peu plus loin dans les mesures sécuritaires »  en empilant les lois.

Cet article nous inspire la petite phrase de François BAYROU : « C’est notre honneur d’être là même quand les autres renoncent à se faire entendre ».

Autre article qui nous a inspiré, assez proche de ce sujet : lorsqu’il était à New York cette semaine, Nicolas SARKOZY a pris à partie Arlette CHABOT, directrice de l’information de France 2 en lui reprochant l’absence de  « vraies émissions politiques » à la télévision et évoquant  avec nostalgie « L’heure de vérité », émission phare des années 80 ou « La marche du siècle » de son ami Jean-Marie CAVADA ajoutant malicieusement : « Il est vrai qu’aujourd’hui il y a moins de bons clients pour faire ce genre de débat ». Vous voyez, nous revenons au sujet précédent ! Mais dans la bouche de notre Président, un mot n’est jamais innocent, pour lui c’est évident, il y a : « un manque de représentation de l’UMP ».

Au fait, qui nomme le Président de France Télévisions dont fait partie France 2 ?

Autre sujet qui fait débat, toujours se passant à New York, la déclaration du Chef de l’État au sujet de l’affaire Clearstream et du procès en cours : il a parlé de « coupables » ignorant par ces propos la présomption d’innocence et montrant à quel point pouvoir et justice son liés. Même dans son propre camp, les propos du Président ont été mal vécus. D’abord, parce qu’il s’agit d’une lutte fratricide et que Dominique de VILLEPIN fut voilà peu leur ami ou leur patron, ensuite parce que le sujet est brûlant. Est-ce un hasard si Gérard LONGUET qui connait bien le sujet,  a déclaré au Touquet : « Sur le terrain judiciaire, je suis d’une extrême prudence car je considère que chacun est présumé innocent tant qu’il n’est pas définitivement condamné » ? Mais quelques heures  plus tard, la « frénésie sécuritaire» provoquée par les propos des conseillers de l’Élysée a repris le dessus et le Sénateur de la Meuse a fait machine arrière et s’est reproché à lui- même  « un excès d’érudition»  en expliquant que Nicolas SARKOZY avait «parlé avec son cœur».

Comme dirait le Ministre de l’Intérieur : « Touche pas à mon pote » !

Toujours dans le même esprit, difficile de passer sous silence l‘opération de démantèlement de la « jungle » dans un ballet médiatique incroyable dont personne ne peut dire à qui il profite. Au-delà des images et des faits, il y a des humains en déshérence qui ont fui la tyrannie, sujet qui ne peut laisser indifférent notre Président de la République, fils d’immigré lui-même.

Tout le monde politique sait que  fermer ce camp ne fait que déplacer le problème qui perdurera tant que  les sans papiers seront attirés par la Grande Bretagne parce qu’on y trouve plus facilement du travail. De l’avis unanime, la solution à ce problème ne peut être trouvée qu’à l’échelle du continent européen.

Sur ce sujet, François BAYROU, invité  par Jean-Michel APATHIE sur RTL, a déclaré : « Annoncer plusieurs jours à l’avance, une opération de police, ça veut dire que vous dites aux passeurs, aux trafiquants : échappez-vous ! Et deuxièmement, cette « jungle », comme on dit, puisque c’est le nom qu’on a donné à cet espace horrible dans lequel ils étaient, ça fait suite à Sangatte. Eh bien, vous vous souvenez Sangatte ? On avait mis en scène, on avait dit que : plus jamais ! Ce qui est frappant, c’est que la jungle c’était pire que Sangatte et que ce qu’on risque d’avoir ça risque d’être pire encore que la jungle ».

No comment !

Dernier sujet qui n’est pas sans rapport avec ce qui précède, la sortie du film « L’affaire Farewell » inspiré d’une histoire réelle qui aurait fait dire à Ronald REAGAN alors Président des États-Unis d’Amérique : « C’est l’une des plus grandes affaires d’espionnage du XXe siècle ».

Pour rappeler les faits en quelques mots, un colonel du KGB Vladimir Ippolitovitch VETROV  a remis à la DST par l’intermédiaire d’un cadre d’une grande entreprise de nombreux documents dont 250 noms de membres de ligne X du KGB, chargés de recueillir des renseignements dans le monde entier, ce qui a  provoqué l’expulsion le 5 avril 1983 de 47 Soviétiques du territoire français, diplomates, journalistes, cadres commerciaux.

Pour remettre cette histoire en perspective, il faut se souvenir que François MITERRAND, élu en 1981, avait nommé quatre ministres communistes et cette affaire lui a permis de « donner des gages » au Président américain très inquiet de cette situation.

Quelle relation avec ce qui précède ?  Aucune en apparence, si ce n’est qu’à l’époque le monde était divisé en deux camps et que les adversaires étaient clairement identifiés. Aujourd’hui,  les adversaires d’hier  sont devenus nos alliés, nos amis, sans que pour autant les problèmes et les dangers  disparaissent. La sauvegarde de la paix, de la liberté d’expression, de la démocratie doivent rester l’affaire des citoyens.

Ève CURIE,  fille de Pierre et Marie,  journaliste (décorée de la Légion d’Honneur et de la Croix de guerre pour son attitude pendant la Seconde guerre mondiale) et future diplomate,  a écrit : « La paix à n’importe quel prix, ce n’est plus la paix ».

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à 17 h 33 min
 

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